Sunday 27 January 2008 - di un Boffo di origine italiana che aiutò la famiglia di un deportato..
Di un Boffo di origine italiana che aiutò la famiglia di un deportato per i rifornimenti.....
Correspondance sur la lutte pour la vie dans les camps d’internement nazis en France.
par Pr. Yehoshua Rahamim Dufour
Département de Criminologie. Bar-Ilan University. Ramat-Gan. Israël.
29 septembre 1942 Lettre d’Yvonne à Claude
“...J’irai demain te guetter à 4 1/2 et serai heureuse de t’apercevoir. Ce que tu me dis des démarches me fait espérer une libération possible quoique je sais combien c’est difficile de sortir d’ici. L’essentiel est d’obtenir l’assurance de la non déportation (Nouvelle réalité intérieure) en attendant mieux. [...] Tu pourras aussi m’envoyer copie de notre acte de mariage, cela suffira pour l’instant. J’espère surtout beaucoup de Madame M. qui peut vraiment faire quelque chose si elle veut. Parle-lui de Westrick dont le bureau est 15 avenue Charles Flo (?) [...] et vous pourriez faire une démarche auprès de lui elle et toi ensemble ou toi tout seul avec son assentiment à elle. Je l’avais vu pendant mes quelques jours de liberté, j’ignorais alors qu’on allait me reprendre et je l’avais vu pensant qu’il pourrait m’éviter le port de l’étoile.
(On ne peut qu’être impressionné par l’aplomb de cette juive qui joue directement ce qui lui semble être l’unique chance pour éviter la catastrophe, et qui prend pour cela les plus grands risques auprès des relations que la vie mondaine de Paris lui a donné de rencontrer, tout en demandant à son mari d’être très prudent et de ne pas se fier aux personnes ni aux mots. On voit par là qu’elle conçoît, probablement plus réaliste en cela que beaucoup, que tout est perdu sans cela au point qu’elle ne cache même plus son jeu face à la lecture que la censure peut faire de sa lettre. C’est un mélange d’hyper réalisme et d’inconscience. En artiste, elle se comporte comme une fantaisiste en cocktail dans ce monde de cruauté administrée. Elle espère peut-être qu’on pourra éventuellement lui accorder le salut pour sa folie ; cette attitude calculée n’est pas exclue car nous allons voir immédiatement combien elle s’est soumise à la réalité quand elle a compris qu’elle avait abusé et d’était méprise. Dans de telles circonstances, qui peut être sûr de la justesse du choix qu’il fait. Nous verrons cela plus loin).
Il avait été aimable et courtois comme toujours, évidemment il a été réticent et m’a dit de me conformer rapidement aux ordonnances. Je l’ai fait immédiatement. Je crois que tu ne risques rien en tentant une démarche auprès de lui, mais je crois plus prudent d’y aller avec Mme M.. ou . avec un mot d’elle, en tout cas en lui en parlant au préalable. De son côté il pourrait sûrement agir mieux si c’est Mme M. le lui demande en même temps que toi. Fais de ton mieux auprès d’elle surtout. Gâte la le plus possible, dis-lui que je la supplie de me sortir d’ici”.
(Yvonne a constaté, à travers les appréciations que recevait son mari comme artiste, combien les célébrités et puissants sont sensibles au narcissisme et donneraient tout pour un portrait réalisé par un artiste en vogue. Elle joue cette carte).
“La marquise appuiera ta demande et Millot aussi j’espère auprès de Darquier. C’est surtout cela que j’aimerais savoir dans ton prochain mot de la fin de la semaine... Cette personne est charmante parait-il. J’espère que tu lui en es gré et que tu la remercies avec effusion. Son mari est un Dieu pour nous (il pourrait donc, peut-être s’agir de Madame Millot). Fais tout ce que tu pourras pour elle”.
(Son appêtit de vivre se traduit ensuite par le même sens fébrile de l’organisation matérielle).
“Tu me mettras mes fameux bas de laine que Lili m’avait fait, des gants tu en trouveras dans mon tiroir Il y en a une paire rouge foncé et des marrons [...] ainsi que des socquettes assorties [...] Envoie-moi mon tailleur et une robe noire à manche longue. Comme swetter je crois que je n’en ai pas de convenable si tu en achètes un autre pour toi, envoie moi ton bleu [...] Il faudrait m’envoyer aussi la laine bleu...
(Elle semble organiser tout un appartement et une vie mondaine, c’est la résistance effrénée tous azimuths pour préserver et assurer son narcissisme fondateur : se posséder et se maintenir soi-même à travers son propre univers mental et reproduire cela autant que possible dans la réalité).
“As-tu vu ma camarade de Troyes qui devait me rendre ma belle couverture marron. Je la lui avais laissée en quittant Troyes. C’est Mme Lefebvre, elle travaille à Electrolux Boulevard Malesherbes.. Elle m’avait promis de nous aider pour le ravitaillement dès son retour. Elle est très gentille. Tâche de la voir au plus vite et dis-moi ce qu’il en est”.
(Le mari ne doit pas avoir assez de temps pour visiter toutes les bonnes relations “gentilles et charmantes” qu’elle a rencontrées en prison. On constate aussi qu’il y a eu des libérations, parallèlement aux convois de déportés et, finalement, elle en bénéficiera aussi)...
Comment avons-nous pu être si légers et compromettre tant de tranquille bonheur , Dieu nous protège et me ramène bientôt dans tes bras ou je suis si heureuse mon chéri, mon Claude bien aimé. Jamais je n’ai imaginé une torture plus complète”.
(Effectivement, le couple était vu comme tel dans sa vie parisienne, exceptionnellement uni et amoureux. C’est probablement parce qu’elle a compris où les a menés leur imprévision qu’elle est devenue si déterminée).
J’ai peur qu’on ne puisse rien pour moi. Fais vite mon amour, sauve-moi d’ici. Insiste auprès de Mme M. Elle seule peut faire quelque chose. Billy aussi s’il veut auprès de Ravenne. Cela peut servir mais il faut aller vite. Le froid vient et j’ai peur. Les jours sont courts et le soir sans lumière. Ah mon Clo je saurai ce que c’est d’être malheureuse ! Mais sois sans crainte mon moral tient encore. J’ai tant d’espoir en toi mon chéri. Ne perds pas une seconde pour me secourir. Il y a des libérations. Il suffit que cela tombe bien avec les démarches. Ne perds pas courage. Insiste. Il y a eu des vides terribles ici. Grâce au ciel mes amies sont comme moi ici encore mais elles sont encore plus exposées que moi, on les a jusqu’ici protégées au camp (la course à la protection est ce qui peut sauver la vie dans le Camp). Moi grâce à ton certificat je ne suis pas déportable jusqu’ici mais il suffirait que le vent tourne pour que immédiatement tout change (avec le recul, nous constatons qu’elle avait une vision très exacte de la situation). Par la Préfecture, on peut obtenir une fiche spéciale où on notifie que je ne dois pas être déportée. Vois cela avec Révillion ou Millot. Il me semble que si Millot voulait t’accompagner chez Darquier actuellement, tu pourrais obtenir quelque chose pour moi puisque tu as ton certificat de non appartenance maintenant”.
(Elle s’imagine que tout le problème se résume à cette question des catégories de répartition des internés à partir desquelles il faut ensuite faire jouer les relations pour assurer la non-déportation et la sortie et, donc, elle veut y parvenir. Peut-être voit-elle juste, elle, une des rares à percevoir le problème sous cet angle).
“Redemande tout de suite de la crème orange d’Elisabeth Arden et de la lotion pour mes cheveux qui sont trop secs et tombent.
(On ne peut qu’être surpris par cette continuité des questions de vie et de la réassurance esthétique, mais c’est peut-être parce qu’elle parvient à maintenir sa propre image qu’elle peut ainsi lutter en voulant rester l’élégante charmante ; sans cela, elle ne serait plus rien pour elle-même ni pour affronter en esprit les amis des bourreaux ; bien plus, c’est la même chose sur le plan intrapsychique que de maintenir son image d’elle-même comme vivante dans l’avenir, et la maintenir comme vivante au présent. C’est le commandement essentiel du judaïsme : “choisis la vie” . Si l’on ne comprend pas cela, on ne pourrait qu’être choqué en réalisant qu’au même instant dans le même camp existent de nombreux petits Jacques Filkenstein qui écrivent la lettre que nous avons rapportée plus haut. Cela serait d’ailleurs la même chose dans notre monde d’aujourd’hui entre ceux qui parviennent à vivre et les totalement démunis qui coexistent).
“Je viens de recevoir ton certificat définitif et j’en suis très heureuse. Voilà qui est fait... Cela est indispensable comme pièce actuellement même pour toi”.
(Nous comprenons par là qu’Yvonne ne tente pas de faire jouer des protections de collaboration ; jamais elle n’a cette attitude mais elle exclut simplement de courir le moindre risque inutile et, pour cela, elle décide de faire jouer au maximum ces relations indirectes à l’ennemi qui veut sa mort. C’est un jeu réaliste du chat et de la souris dans lequel elle n’est pas prête à se laisser mener par le sort nébuleux. Elle veut être en contact direct avec l’adversaire, position rare et différente de la position habituelle qui consiste à fuir devant l’adversaire, ou à se cacher et à attendre. C’est qu’elle a devant les yeux les conséquences de ces autres tactiques comme nous allons le voir immédiatement)...
“Le pauvre Elias est parti malgré mes efforts pour le retenir au camp. Il a été très courageux. On renverra ses papiers à sa famille... (elle sait donc ce que signifie ce départ, l’aboutissement au néant)...As-tu revu Boffo, il pourrait t’aider pour le ravitaillement, son numéro est à Neuilly au téléphone. Vois aussi Mme Ducoté 23 rue Blanche TRI 64 78. Elle avait une bonne relation allemande qui pourrait servir (voilà sa tactique très clairement dite et elle est une remarquable organisatrice) et aussi elle t’aidera pour le ravitaillement. Elle est très gentille, nous l’avions vu avant tout cela, tu te souviens pour les meubles, etc... Vois la suite...”.
30 septembre 1942 Lettre d’Yvonne à Claude
L’écriture de cette lettre si proche de la précédente est étonnamnent plus ferme et claire. Elle traite de tous les problèmes de la maison, café, beurrre, cacao, comptes, impôts, heure de coucher du mari, ficelles, linge, housses, pommes de terre bouillies, assaisonnements. Elle continue à habiter psychologiquement sa maison, par le moyen de tous ces détails alimentaires. Cette agitation psychique, qui pourrait nous sembler quelque peu maniaque, lui donne la capacité de résister et la fixe avec force dans un “ici” au lieu d’attendre le départ vers “ailleurs”).
“Je viens de recevoir ton certificat définitif. J’espère que tu en as gardé une copie [...] Envoie moi une houppe de cygne, une brosse à ongles, brosse à dents, ne me laisse pas manquer de crème orange et de lotion pour mes cheveux.
(Son narcissisme physique est très important ; ce n’est pas l’image que la plupart ont des internés et déportés) [...] Je m’étonne que Valentin ne fasse rien pour nous. As-tu revu Millot, il avait de bons tuyaux aussi, tu ne m’en parles pas. Il devait t’accompagner pour voir Dar. Dis-moi ce qui en est. [...] ”.
4 octobre 1942 Lettre d’Yvonne à Claude
A nouveau, l’écriture semble plus dilatée et équilibrée.
[...] Je suis très heureuse de pouvoir t’écrire. C’est pour moi un adoucissement à ma peine. J’ai reçu ta carte où tu me dis ton espoir.
(C’est la clef de son amélioration et, sur cette base, elle va continuer à parfaire sa tactique pour parvenir à la libération).
Si tu as trouvé ma lettre dans ma serviette tu as du voir que je t’encourageais à continuer tes démarches dans le sens où tu les as commencées, plus peut-être en ajoutant l’influence Westrick à ce qui a été amorcé.
(On comprend ici la psychologie et la tactique précise d’Yvonne ; elle dirige et pilote les activités qui doivent aboutir à sa libération comme une véritable chef d’entreprise).
Je crois que s’il le voulait il pourrait donner un sérieux coup de pouce. Mais il faut agir avec prudence de ce côté car on pourrait gaffe.
(Elle sait doser l’incitation à l’action et la prudence, mais son mari doit être encore plus conscient de la difficulté, ainsi que tous ces personnages, puisqu’il n’a pas encore entrepris ces démarches, apparemment, malgré les pressions constantes).
Si Madame M. voulait t’y accompagner ou te donner un mot pour lui ou lui téléphoner avant ta visite ce serait mieux. En tous cas, il faut lui demander son avis avant de t’y rendre seul [...] Pour Mme Ducôté, je crois qu’elle a une bonne relation aussi [...] L’autre jour, je t’ai vu de tout près. Elle n’a pas voulu (la gardienne) te laisser là et j’en étais désolée. Il me semble que si tu lui donnais une centaine de francs elle te laisserait là un bon moment. Tu tâcheras la prochaine fois. En tous cas il me suffit de te voir pour être heureuse et tu peux me faire comprendre.
(Cette communication non verbale et sans gestes à distance est constante dans les récits rapportés dans les correspondances. Arrive ensuite toute une description de l’art de se débrouiller en temps de guerre).
Tu pourras y mettre du pain dans mon colis de linge, même un grand pain coupé en deux et un pain Hovis, des pommes de terre cuites et des flageolets cuits, une savonnette, un morceau de savon de Marseille si tu peux t’en procurer un peu, un paquet de pâtes et quelques bons fruits, ma laine bleu pâle.
(Il est difficile d’imaginer aujourd’hui l’art de ces colis gigantesques et trafiqués ; tous les prisonniers du monde connaissent cela).
Je pense que tu pourrais me mettre tout cela jeudi dans mon colis de linge car c’est moi qui suis au service de réception et je m’arrangerai.
(L’art de vivre dans le camp est celui de l’exploitation de toutes les possibilités offertes par le réglement ; seul les actifs et les non isolés survivent).
Dis au frère de Myriam de lui envoyer du cacao Poulain dont ils ont une grosse boîte, qu’il en envoie dans chaque colis de linge une boîte moyenne ainsi que des biscuits et du main noir ou Hovis [...] car ici c’est très utile et nous avons faim [...] La confiture, Renée peut t’en envoyer régulièrement quelques kilogs, elle est très bonne [...] Il y a parait-il une excellente patisserie Granger 55 Bd Gouvion St Cyr au métro Maillot où tu trouveras d’excellents cakes, pain de Gênes, etc sans tickets. [...]
(Les prisonniers essayaient de continuer à investir la ville imaginaire).
Il parait qu’on peut si on est adroit acheter moyennant une centaine de francs une étiquette pour un colis supplémentaire sur Chaumont ou rue de Belle ville, parle en au père de Myriam. Si tu vois Boffo, il peut t’aider aussi auprès de certains fournisseurs italiens et pour du chocolat en poudre ou en tablettes de chez Meunier, il connait quelqu’un, peut-être aussi a-t-il une bonne relation pour me sortir d’ici.
(Par cette association incongrue, on comprend mieux l’importance de tous ces réseaux alimentaires invraisemblables : ils maintiennent dans l’existence car la nourriture est devenue le symbole de soi-même).
En tout cas, il pourrait me trouver de la conserve de tomate, de l’huile, des pâtes. [...] La vie ici est assez bien organisée (nous venons d’en avoir une démonstration par ces extraits) à condition que je puisse bientôt en sortir car je vois avec terreur raccourcir les jours et j’imagine ce que sera l’hiver ici. En effet, on dit que les époux d’aryens ne craignent pas la déportation pour l’instant (explication de sa détente générale) [...]
Dis-moi franchement si on te promet que cela se peut et si on t’encourage dans cette voie. Je suis sûre qu’avec un appui allemand étant donné les démarches faites déjà tu dois pouvoir aboutir.
(C’est la base de toute sa stratégie d’auto-sauvetage) Dis-moi vite si tu crois cela possible. Vas le demander à Mme M. et tu me diras ce qu’elle en penses. Tu ne me dis pas si tu as vu Decqueker lui pourrait par Jallu son beau-frère et Me M. faire quelque chose. Tu ne me parles pas non plus de Millot.
(Le silence de Claude sur tout cela est difficile à interpréter également pour nous : prudence, ou impuissance devant les illusions de son épouse ?).
J’espérais qu’il te prêtrait main forte. Je suis heureuse de ce que tu as fait avec Billy, peut-être obtiendra-t-il quelque chose. Ah ! si tu savais combien je souhaite quitter ce triste lieu ! Il faut que je sois rentrée pour la Toussaint ! Mon Claude chéri, tente l’impossible pour cela.
(C’est sa tactique, jouer l’impossible, et elle va lui décrire dans le détail ce que semble être cet impossible à ses propres yeux, cet innommable qu’il faut pourtant tenter avec audace pour sortir de cet enfer qui est l’antichambre de la mort).
Supplie Mme M. de me sortir d’ici. Si tu vas voir Westrick ne sois pas timide. Il comprendra que tu te démènes pour moi. Explique lui bien que je ne suis pas assimilable à ces juifs qu’ils pourchassent.
(Elle n’est donc pas dupe sur ce qu’ils veulent),
que je n’ai jamais appartenue à aucun milieu juif et que nous sommes mariés depuis bientôt 24 ans sans jamais avoir fréquenté aucun milieu juif (ce qui est totalement faux, mais sauver la vie vaut tous les mensonges face à ces êtres méprisables) et que comme peintre tu étais pressenti pour créer un mouvement de rapprochement avec les artistes de là-bas, etc...
(Elle lui bâtit la liste des arguments “impossibles” auxquels ils pourraient être sensibles dans la perspective du but à atteindre).
Je crois que tu pourrais faire une visite à Donnay pour qu’il te donne une lettre disant quelle sorte de femme je suis.
(Effectivement, quel caractère !)
et quelle vie nous menions tous les deux.
(Illogisme, car cet argument amoureux ne peut aucunement toucher la sensibilité de ces monstres du racisme administratif ; cela nous montre bien que tous ces plans sont aussi un échange amoureux avec Claude qui utilise l’intensité des seuls repères qui existent dans la situation ; et parfois le passage se fait avec efficacité vers la réalité concrète. Le bénéfice relationnel et personnel est grand, sans aucun doute).
Enfin mon chéri, il faut se secouer un peu et aboutir vite”.
(Il est facile, à distance, de ne pas comprendre cette tentative extrême quand on n’a plus conscience de ce que les adversaires sont des assassins absolus et qu’il n’y a qu’une issue, leur échapper par tous les moyens. Il ne faut pas oublier non plus qu’Yvonne ne met en péril aucune autre personne par cela, elle veut seulement vaincre le dessein des assassins en ce qui la concerne. Elle n’a d’ailleurs utilisé aucun qualificatif méprisant. Nous avons vu combien elle aide les autres, autant qu’elle veut être aidée).
Sans cela l’hiver sera là et moi toujours dans ces tristes murs. Je pense que tu seras allé à Barbizon et que tu auras rapporté des vêtements et chaussures [...]
Dis-moi si Alice a été inquiétée. En tous cas, ils ne seront pas mal traités. [... ] Le pauvre Elias je te l’ai dit n’a pu être retenu au camp malgré tous mes efforts.
(Elle fait donc pour autrui ce qu’elle demande pour elle).
Il est parti plein de courage. J’ai fait renvoyer chez lui ses papiers, ses vêtements aussi... Il y avait de petits chaussons de cuir qui étaient à toi et que je mettais, si tu les trouves tu peux me les mettre car je les porterais avec des sabots.
(Le glissement continu des vêtements du pauvre Elias et des siens propres montre combien l’identification aux disparus est présente chez l’interné).
As-tu vu mon amie Hélène Lefebre de chez Electrolux. T’a-t-elle rapporté mon beau plaid de Londres, elle devait nous aide pour le ravitaillement. Parle-moi de cela car je m’étonne que tu ne m’en dises rien”.
(Yvonne se comporte avec générosité envers toutes les relations et elle s’imagine que le monde fonctionne également comme cela et elle s’étonne quand, dans cette extrêmité, elle découvre qu’il n’en est rien).
14 octobre 1972 Lettre d’Yvonne à Claude
Une première lettre est totalement centrée sur le narcissisme le plus corporel.
J’espère que tu continues à t’occuper de moi. [...] Mon colis était très bon et tout a été bienvenu. Si tu vas à Barbizon, tu trouveras ma pince à ongles que tu joindras à une bonne lime que tu m’achèteras. Il y a aussi quelques écharpes de laine qui seront très bien. Tu m’enverras 2 paires de bas de soie en bon état (on se croirait dans la préparation aux soirées mondaines). Achète-moi un bon rouge à lèvres gras chez Lancôme mais un peu moins violet que le Cerise que tu m’as envoyé et qui est usé. Pour mes cheveux... [...] Je sais que tu as commandé un costume. [...]
Une seconde lettre est sentimentale.
Mon Claude Chéri. Voici un anniversaire bien émouvant de notre mariage... et cela me donne confiance dans l’avenir immédiat et aussi plus lointain.
(Il n’y a pas de doute que la force narcissique d’Yvonne s’appuie sur la qualité remarquable de leur amour et que cela joue aussi dans l’érotisme esthétique qu’elle maintient spécialement le jour de l’anniversaire de leur mariage. Il faut donc situer ces échanges alimentaires puis esthétiques de haute qualité et coûteux avec le mari, qui semblaient “déplacés”, comme des substituts d’échanges amoureux réels et de haute qualité dans le couple, et non pas comme un simple usage de produits chez une coquette incongrue)...
Sois confiant toi aussi dans la vie qui nous attend.
(Il ne faut pas oublier où sont dits ces mots).
Ce ne sera peut-être plus très long pour moi et si j’échappe au danger de la déportation c’est l’essentiel. Il arrivera bien un jour où on me libérera... Pour l’instant, je crois à tout ce que tu me dis
(Nous n’avons pas ces lettres de Claude qui semblent lui redonner confiance)
et j’espère. En effet, Puységur peut m’être utile et s’il le veut, agir avec rapidité... Fais bien attention quand tu viens... Tu auras vu sans doute Robert Lévy qui a été libéré. C’est un charmant garçon. Il viendra te voir avec sa femmme, m’a t-il dit et te donnera des détails sur notre vie. Le veinard, il doit être heureux maintenant... Je vois que tu continues à agir pour moi auprès de Mme M. C’est en effet le meilleur moyen si elle veut vraiment s’occuper de moi. As tu revu la marquise. Est-elle gentille avec toi. Elle était charmante avec moi.
(C’est, caricaturalement, la chanson “Tout va très bien Madame la Marquise”).
Mme Montefiore est restée à Pithiviers on parlait de sa libération prochaine. La plupart du convoi qui était parti là-bas a été déporté, les autres, sauf quelques exceptions sont rentrés à Drancy et elle est de ces exceptions. Elle sera peut-être libérée la pauvre. La soeur de Lili, Violette est ici aussi mais elle espère comme Suisse être bientôt libérée aussi. Elle est un peu follette pour mon goût et je la vois peu mais c’est une bonne fille. Mr Mme Haas, des amis de Jane, sont ici aussi. Elle est charmante. Mme Cayeux aussi est ici, Jane la connait très bien, marchands de tableaux... Mon travail n’est pas du tout fatiguant aux colis de linge et cela me confère un grand avantage. Tout était très bien l’autre jour, le pain et les pâtes et tous mes produits de beauté... Renée peut m’envoyer je pense des fruits confis de la confiture, des bonbons régulièrement, elle peut même le faire directement à mon adresse par poste et sans bons et je m’arrangerai avec le vaguemestre, explique-lui cela au plus vite et donne lui mon adresse au Camp. Marcel Gautrat avait une bonne adresse de boucher et aussi par sa femme, je pourrai recevoir un bon poulet ou canard que tu me ferais rôtir.
(Etonnante gourmandise raffinée qu’elle parvient à organiser et satisfaire)...
Tu ne me parles pas d’Alice cette fois et j’espère qu’elle n’a pas d’ennuis.. Je pense qu’André va te donner des nouvelles de ses démarches. La mesure générale en effet peut se produire, mais quand ? Attendons mon chéri. Dis-moi bien tout ce que tu sais. Ecris-moi longuement dans ma prochaine serviette. [...]
(Voilà comment lui parvenaient les lettres de son mari qu’elle n’a pu conserver car elles n’avaient pas été soumises à la censure)
A tout à l’heure sur le balcon, je serai heureuse de te voir. [...]
22 octobre 1942 Lettre d’Yvonne à Claude.
[...] Les colis vous pouvez les faire plus lourd, 5 Kg environ. Cela passera très bien. J’ai été heureuse de t’apercevoir hier mais tu fais bien de ne pas insister... Je compte recevoir mes thermos, la pince à ongles de Barbizon, du lait démaquillant et la même lotion Capillosol pour mes cheveux, du papier hygiènique, lime à ongles, rouge à lèvres, brosse à cil à long manche, (qui eut imaginé cela à Drancy ?)
pierre ponce [...] Ici la vie continue en attendant l’hiver. J’espère toujours les fameuse mesures générales ou au moins la réussite de tes démarches mais je crois en effet qu’il vaut mieux que je m’arme de patience mon pauvre chéri.... Remercie Donnay de son intervention. Il pourrait voir Abel Bonnard son confrère qui est très influent... Nous avons été ravies du dernier coli avec les deux rotis exquis tous deux, le pain aussi. Mettez en dans le linge ainsi que légumes cuits et pommes de terre, biscuits et assaisonnement... des pâtes et du concentré de tomates italien... Enfin tes colis sont tous très bien faits... N’abandonne pas ta pauvre Titi qui ne pense qu’à toi mon chéri. J’ai tant besoin de sentir ton affectueuse tendresse et je me sens réconfortée par toute la gentillesse à me trouver tout ce que je te demande. J’ai du courage et me porte très bien
(la continuité des propos montre bien que son courage est “alimenté” par toutes ces preuves d’affections alimentaires)
en attendant que tu me sortes d’ici...
22 octobre 1942 Lettre de Me André Calandreau Avocat à la Cour à Claude.
Monsieur, J’ai reçu, à l’occasion d’un récent voyage à Cannes, la visite de votre belle-soeur (il s’agit de Renée). Voudriez-vous, le cas échéant, me téléphoner afin que je puisse vous indiquer un rendez-vous. Je vous prie d’agréer [...]
(Renée a probablement obtenu des conseils sur une bonne filière pour des démarches à entreprendre, à moins qu’il ne s’agisse d’une intervention éventuelle propre à Francesco).
1 novembre 1942 Lettre d’Yvonne à Claude
Voilà la Toussaint et je pensais bien être rentrée pour cette date. Il ne me reste plus qu’à souhaiter maintenant d’être rentrée pour la Noël... Je suis émerveillée de ce que tu me trouves de bonnes choses et ne veux pas que tu te prives pour moi. Je dois dire qu’ici l’obsession de la nourriture existe et on a besoin d’avoir ce qu’il faut sans cela on est encore plus désemparé .
(Yvonne manifeste un excellent sens d’auto-analyse).
J’ai l’impression que Millot pourrait refaire un effort auprès de Darquier. Dis à Puységur que je compte sur lui. As-tu revu Donnay ? Au Cercle on doit pouvoir faire quelque chose. Enfin dis-moi longuement ce que tu fais mon chéri. Mon unique pensée est celle-ci, Je rumine sans cesse les possibilités de sortir d’ici. Hélas je crois que c’est bien difficile puisque malgré tous tes efforts... Je pense à chacun. Dis-leur de ne pas m’oublier.
(C’est une nouvelle forme d’inquiétude qui apparaît, la peur de l’abandon. Cet appel concernant l’avenir est souvent formulé dans les correspondances des condamnés à mort pendant la guerre)...”.
Novembre 1942 Lettre d’Yvonne à Claude
On va atteindre ici un sommet de leur échange amoureux par l’interposition de substituts imaginaires :
[...] J’ai reçu ton somptueux colis et je me régale avec toutes ces bonnes choses. Je t’admire de me les trouver, sachant combien c’est difficile en ce moment... J’ai très envie de fruits. Il me faudrait aussi de l’eau de toilette genre 5 de Chanel ou Arpège de Lanvin.
(Maintenant nous sommes habitués à cette nouvelle image de Drancy).
Cela remplacera l’eau de Cologne que l’on ne trouve pas et me parfumera en même temps. Ici c’est bien nécessaire. Tu peux m’en acheter chez la petite parfumeuse, prends-en un demi litre, c’est moins cher que du parfum et il y en a plus... Je pense que Puységur ou Desqueker pourraient vraiment intervenir auprès des autorités allemandes, je crois que c’est le meilleur moyen. Je m’étonne que Mme M. n’obtienne rien depuis le temps qu’elle s’en occupe. La mesure générale viendra peut-être mais il ne faut pas compter sur la rapidité de cette sortie. Il faut agir personnellement (ce qui est bien sa stratégie).
Il y a quelques libérations d’époux d’aryens par intervention personnelle depuis quelques jours, aussi j’ai de l’espoir que tu obtiennes un résultat. Je ne perds ni courage ni patience, sois sans crainte. Je me soigne le mieux possible et suis très bien. J’ai ce qu’il me faut pour m’habiller... Je suis un mannequin 46, tu verras cela toi-même... Tu seras heureux de voir comme je m’organise malgré tout et comme je tire parti des moindres choses pour améliorer ma pauvre vie. Je ne veux pas me laisser attrister et ma pensée est toujours hors d’ici”.
(Yvonne fournit ici une autre clef qui explique tout son comportement et ses préoccupations esthétiques, vestimentaires, comme si elle-même se promenait sans cesse dans Paris. C’est son évasion psychologique réussie et elle prépare peut-être bien son équilibre quand viendra le temps de la vie à l’extérieur. Effectivement, elle gardera ensuite cette même attitude heureuse et non traumatisée. Nous avons observé ces mêmes conséquences, rares, dans d’autres cas analogues).
Le Chef qui te porte cette lettre est très gentil pour moi et je suis heureuse de ce lien vivant entre toi et moi. Dis lui en toute confiance ce que tu veux me dire. Il peut faire beaucoup pour moi ici et je pense que tu lui choisiras une jolie toile pour chez lui.
(Yvonne utilise beaucoup les bonnes relations mais elle sait aussi donnerr, par réciprocité).
Il te dira quelle est la situation ici et tu verras combien je puis être heureuse d’être dans ses bonnes grâces... Surtout soigne-toi bien, ne prends pas froid. Bois souvent du thé bien chaud. Dis bien des choses à tout le monde, à ma petite Blanche aussi. .. Je suis ravie d’être aussi gâtée...
Autre lettre d’Yvonne à Claude.
Mon chéri. J’ai été heureuse de t’apercevoir hier et suis partie assez vite de peur de t’attirer des ennuis. La bonne femme pourtant laisse entrer certains maris. Je crois qu’il faut que tu lui parles et lui propose 50 F pour ta visite car de chez elle tu pourrais me parler un peu. Tu me disais hier que je sortirais bientôt par une mesure générale aux femmes d’aryen. Sans doute, te l’a-t-on dit mais ici personne n’en parle et on n’y croit pas. On raconte ces choses-là depuis très longtemps et rien ne se passe. Il faut pourtant l’espérer car sans cela je suis là jusqu’à la fin des fins. As-tu vu le chef vaguemestre du Camp, c’est un des plus importants et il est très gentil et pourrait nous être très utile. Je lui ai promis que tu lui donnerais une jolie toile pour chez lui. Il aime beaucoup la peinture. Ici, pour obtenir pareil service de lui, on donnerait beaucoup. J’ai eu de la chance de pouvoir l’approcher et avoir sa sympathie. Il m’a dit que tu l’avais gentiment reçu. Evidemment tu (ignorais ?) qui il était mais il reviendra.. Sois très (?) avec lui, c’est très important pour moi. Il peut beaucoup ici et je suis très heureuse d’être bien avec lui. Si tu le peux, offres-lui un petit verre de quelque chose de bon. Quand tu auras installé ton atelier, tu lui diras de venir le voir... J’ai peur de l’hiver et de l’obscurité et je fais des voeux pour sortir avant que tout cela ne devienne dramatique. Je vois que tu fais démarches sur démarches pour cela et on te donne de l’espoir. J’espère que Decqueker est bien placé et qu’il ne fera pas de faux pas. Ce que tu me dis du Ritz m’étonne mais il est certain qu’on a parlé là-bas de mes ennuis car Roya le savait et on en parlait. Mais cela m’étonnerait qu’on ait fait quelque chose avec malveillance.
(Yvonne reste une idéaliste naïve qui aime voir les gens comme “charmants”).
Du côté de West. il est peut-être préférable en effet de ne pas bouger car il doit le savoir. Il faudrait en tous cas le faire avec beaucoup de prudence. Il y a ici avec moi Schmidt qui est directeur de Tabarin, de l’Appollo avec Sandrini. Je le vois souvent et il occupe ici une importante place et peut m’être très utile. Je t’en parlerai bientôt. Il reçoit de très bons colis et m’invite quelque fois à déjeuner. Robert Lévy t’a donné tous les détails de notre vie ici... C’était pour moi un charmant camarade ; dis-lui que je le regrette beaucoup. Michel Baer aussi est sorti et m’a promis d’aller te voir, c’est le fils de ma grande amie de Troyes, charmant aussi. Puységur est en effet indiqué pour faire quelque chose à condition de le faire avec circonspection car je sais combien il faut agir prudemment pour ces sortes d’interventions. Il faut qu’il te dise bien ce qu’il compte faire et comment car je te supplie de faire très attention. Cela est très dangereux aussi facilement que très utile.
(Yvonne devient beaucoup plus prudente dans ses demandes d’intervention, car elle connait maintenant bien le système par sa vie au Camp et les échanges avec tous les prisonniers).
Mme Montefiore est à Beaune-la-Rolande où elle est allée de Pithiviers ; le bruit courait qu’elle serait libérée [...]
Ah ! la pluie à Drancy ! c’est tout un poème ! Vite mon Claude chéri, au secours de ta pauvre Titi. Que nous soyons tous deux au chaud dans notre bon lit douillet... Tâche qu’il te réussisse l’arrangement de ton pardessus. Fais-toi arranger ton chapeau et rehausser un peu la calotte chez Jan à la Gare St Lazare, ils ont du chic... Voilà une bien longue lettre pour une internée.
(Voilà une autre clef de sa résistance psychologique : elle sait ne pas endosser le statut qui est le sien actuellement et défend à tous prix son statut antérieur).
Je suis heureuse de bavarder avec toi...
La dernière pièce de la liasse est une carte postale de
“Madame Sylvain Gompers 6 avenue St Charles à Monte-Carlo (Renée) à Madame Claude Chéreau”
(sa soeur Yvonne), le 22 novembre qui nous apprend qu’Yvonne a bénéficié d’une mesure de libération :
Ma Vony chérie, Enfin je revois ta bonne écriture, surtout rattrape le temps perdu et écris-moi très souvent. Je ne te quitte pas en pensée. Quel bonheur vous devez avoir de vous retrouver enfin tous deux. Je vous imagine bricolant dans votre petit appartement qui doit être un paradis. J’ai prévenu tous nos bons amis qui se réjouissent de votre retour à la vie. Depuis cet événement béni, tout me semble léger, et nous considérerons avec beaucoup de calme les différents épisodes qui se déroulent autour de nous. Ne vous tourmentez pas. Nous déjeunons tous à la Villa ce matin, nous ne vous oublierons pas dans nos pensées. A bientôt mes chéris. Mille tendres baisers de nous tous. Renée.
Ironie cruelle du sort, en mars 1944, cette Renée et toute sa famille sont raflés ; seule sa fille Nicole parvient à s’échapper. Renée, son mari Sylvain et leur fils François passeront à leur tour par Drancy et seront exterminés à Auschwitz. Malgré nos recherches, nous n’avons retrouvé aucun écrit de leur part tout au long de ce parcours depuis leur enlèvement, seulement des témoignages ; également un dessin de Nicole pour son père qui ne lui est pas parvenu à Auschwitz ainsi qu’une lettre tardive pour sa mère.
Yvonne décédera à Paris le 23 mai 1970, après 51 ans de vie heureuse avec son mari partagée entre Paris, le Vieux-Oppède et la fidélité aux amitiés. Ils reprirent le style de leur vie antérieure. Depuis cette guerre, Claude Chéreau obtint plusieurs Grands Prix de peinture de la Ville de Paris et a surtout exposé à la Galerie André Weil. Il a survécu à son épouse quatre années pendant lesquelles nous étions proches.
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Wednesday 19 December 2007 - L'importanza della conversazione per la nascita, la crescita e lo sviluppo dei propri figli
Genitori e figli: educarsi alla comunicazione in famiglia
di Vanna Boffo
08 Marzo 2005
Attualmente, il tema della comunicazione familiare si impone come un’emergenza educativa e culturale di fronte alla quale si dispongono le possibilità di genitori e figli di costruire, congiuntamente, un percorso di formazione reciproca. L’elaborazione di un progetto di vita familiare transita per la capacità dei genitori di impegnarsi nella comprensione della centralità della comunicazione per accogliere la nascita, la crescita, lo sviluppo e la maturità dei propri figli. Comunicare significa disporsi gli uni verso gli altri, genitori e figli, nella propria casa, nella quotidianità più intima delle relazioni felici e/o dolorose della vita in comune.
Oggi la famiglia vive, in contesti privati e separati socialmente, un isolamento istituzionale ed educativo che oscura le potenzialità di guida e orientamento proprie di ogni rapporto genitore-figlio. Allora, la presenza e la qualità della comunicazione educativa sono vettori determinanti della progettualità esistenziale e personale del singolo individuo, come della comunità, che ogni matrice familiare dovrebbe eticamente costituire.
Uno dei modi più peculiari, attraverso cui leggere la comunicazione è la pratica della conversazione. Tale attività trattiene, da sempre, un alto valore formativo. La conversazione, negli studi di storia delle idee, ha rappresentato il mezzo del libero scambio della parola, ha manifestato il carattere sociale dell’attività umana del vivere insieme, attraverso l’offerta argomentata del pensiero che predispone ogni soggetto di fronte a se stesso e di fronte all’altro-da sé. L’uomo si riconosce nell’altro, e così facendo riconosce se stesso, attraverso la conversazione, per mezzo del con-versus, dell’andare, con il mezzo verbale, incontro al proprio simile e tornarne arricchito dell’esperienza altrui, acquisita tramite l’atto di parola, di pensiero, manifestato nel linguaggio della quotidianità.
In famiglia si conversa, si attua la pratica del libero e mutuo scambio della voce e del silenzio per manifestare gli uni agli altri le proprie passioni, i propri affetti, le proprie intenzioni? Quanta consapevolezza educativa tras-migra dalle parole dei genitori ai figli e quanta possibilità formativa i figli attivano in questo reciproco scambio? La parola scambiata in famiglia è carica di significati condivisi, che devono essere accolti e interpretati perché i singoli soggetti li possano imparare, esercitare, sentire e, di nuovo, progettare. Nella conversazione familiare genitori e figli possono elaborare un progetto di vita dove la solidarietà, la lealtà, la giustizia innervano la relazione familiare e conducono a sostenere la creazione di una comunità di affetti e di pratiche dell’esistenza, che manifestano il fine del coltivar-si all’umanità.
Come può la conversazione familiare trattenere questo elevato contenuto formativo, maieuticamente esprimendo la dimensione più vera della costruzione della persona umana nelle pieghe degli atteggiamenti e delle azioni più inconsapevoli e dunque più disposte alla manifestazione del sé all’altro? La conversazione deve farsi ascolto profondo, sentito, dialogato, autentico. L’esercizio di questo ascolto quotidiano significa disporre i genitori all’accoglienza dei figli, sempre. La manifestazione dell’autenticità di sé, attraverso l’apertura dell’ascolto dell’altro, significa imparare, quotidianamente, ad accogliere il limite connaturato alla diversità dell’uomo nei confronti dell’altro uomo. La parola scambiata e ascoltata, così come l’azione presentata e condivisa, può essere compresa solamente attraverso un esercizio costante di attenzione all’altro.
Dunque nella conversazione familiare il dialogo, l’ascolto e l’attenzione sono i mezzi attraverso cui i genitori e i figli, reciprocamente, mettono in atto una donazione condivisa di forme-di-vita. Il progetto comune, eticamente connotato, emerge dalla disposizione a sperimentare e ad imparare, quotidianamente, l’essere gli uni verso gli altri.
Tuttavia tale progetto non è dato una volta per tutte e nemmeno può essere genericamente ricercato nella società. Deve essere costantemente costruito e ri-vissuto tramite un esercizio assiduo di conoscenza personale che i genitori attueranno nell’educazione dei figli e i figli consegneranno ai genitori attraverso la circolarità del dialogo, della parola, dell’ascolto imparato, ma anche rifiutato negli stadi della crescita evolutiva e poi ri-appreso e fatto autenticamente proprio. Il dialogo, l’ascolto e l’attenzione all’altro sono i mezzi conversazionali e comunicativi di una formazione umana che apre il soggetto/individuo/persona a costruire la comunità dei parlanti. Nelle pieghe della parola donata, scambiata, ricevuta si situa la disposizione ad una socialità, ad una discrezione, ad una gratitudine che possono divenire le caratteristiche della ricerca di una qualità della conversazione e dunque della comunicazione familiare. Il percorso che chiama genitori e figli a praticare e interpretare il progetto della propria vita è complesso. Gli adulti/genitori devono consegnare ai propri figli il senso e il significato del nostro essere-nel-mondo. Formare alla conversazione è aver cura dell’attuazione di questo compito. Non possiamo permettere che la deriva del consumo dell’esistenza nasconda con il rumore l’ascolto, con la superficialità l’attenzione, con la banalità della chiacchiera il dialogo autentico.
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Tuesday 20 November 2007 - Continuità e discontinuità. Delle culture in lingua latina: il "caso" cristianesimo, parte 1
del Professor Paolo Boffo
Nella mia esperienza di insegnamento ho notato che se è senz’altro più impegnativo prendere coscienza dell’individualità dei singoli studenti – il cerchio più interno – a motivo delle diversissime situazioni biografiche e culturali da cui provengono, l’azione didattica deve comunque rivolgersi per prima cosa al gruppo classe – il cerchio più esterno – facendo leva sui quei tratti comuni con cui tutti gli studenti si relazionano, o per contiguità o per opposizione. Solo in un secondo momento, l’insegnante deve puntare al singolo alunno: continuando con la metafora, insomma, solo dal cerchio esterno, e solo a partire da quello, si può arrivare ad un’azione mirata che, con infinito rispetto, ci conduca dentro il cerchio interno. Il presente lavoro e la proposta didattica annessa, dunque, fanno riferimento principalmente ai tratti comuni, al cerchio esterno, per capirci, che ho rilevato nelle esperienze con cui sono venuto in contatto. Spetta poi all’insegnante declinare le osservazioni e le intuizioni che esso contiene in modo che vengano incontro alle esigenze anche di singoli studenti
I. MOTIVARE AD APPRENDERE PER MOTIVARE A CRESCERE
1. 1 Studenti alla ricerca di un senso…
Nella mia esperienza professionale mi incontro quotidianamente con la realtà dei ragazzi e, poco alla volta, sono entrato (ma non è mai un processo definitivamente concluso) in relazione con il loro vissuto, attraverso uno scambio interpersonale molto arricchente.
Il passo decisivo, in questo processo tutto in fieri, è l’essermi accorto che gli studenti non sono mai…studenti, ma sono sempre Antonio, Ester, Claudia, Giacomo, Mohammed...
Sempre.
Ecco allora che il significato racchiuso negli occhi grandi e spalancati in attesa di una risposta di Mattia, non è mai quello dello sguardo sfuggente di Denis che abbassa la testa implorando che i minuti passino più in fretta.
Ma la realtà – e questo è un altro passo decisivo – è che gli studenti non sono mai neanche l’equivalente dell’insegnante da fanciullo o da adolescente. Molte cose che a me da studente piacevano e stimolavano risultano estranee agli studenti di oggi. Acquisita la coscienza di tali diversità e particolarità, sarebbe, tuttavia, un grave errore ridurle ad una semplice differenza di comportamento. Anzi, sarebbe una tautologia, perché equivarrebbe a dire che sono diversi perché sono diversi. Nell’insegnante deve prendere forma progressivamente la convinzione che ogni studente possiede un sé che va valorizzato e incoraggiato. Tradotto didatticamente, vuol dire che ogni singola azione non può prescindere dalla individualità degli studenti.
Con ciò, comunque, non si vuole escludere che esistano tratti trasversali o perlomeno accostabili negli studenti, soprattutto se si trovano a vivere la medesima temperie culturale e se fanno riferimento a modelli di vita comuni. Si vuole, tuttavia, ribadire che una cosciente azione didattica deve tener conto ed integrare i due aspetti.
Così la realtà degli studenti può essere rappresentata come una coppia di cerchi concentrici, uno inscritto nell’altro. Quello inferiore costituisce la loro individualità, quello che lo contiene è l’ambiente (il gruppo classe nella scuola) che li circonda. Non sono due sfere autonome e separate, ma continuamente comunicanti.
Nella mia esperienza ho notato, comunque, che se è senz’altro più impegnativo prendere coscienza dell’individualità dei singoli studenti – il cerchio più interno –, a motivo delle diversissime situazioni biografiche e culturali da cui provengono, l’azione didattica deve rivolgersi per prima cosa al gruppo classe – il cerchio più esterno –, facendo leva sui quei tratti comuni con cui tutti gli studenti si relazionano, o per contiguità o per opposizione. Solo in un secondo momento, l’insegnante deve puntare al singolo alunno: continuando con la metafora, insomma, solo dal cerchio esterno, e solo a partire da quello, si può arrivare ad un’azione mirata che, con infinito rispetto, ci conduca dentro il cerchio interno.
Il presente lavoro e la proposta didattica annessa, dunque, fanno riferimento principalmente ai tratti comuni, al cerchio esterno, per capirci, che ho rilevato nelle esperienze con cui sono venuto in contatto. Spetta poi all’insegnante declinare le osservazioni e le intuizioni che esso contiene in modo che vengano incontro alle esigenze anche di singoli studenti; tuttavia, come si è detto, questo secondo passaggio non potrà avvenire se non in presenza di reali Matteo, Angelo, Moira, Eleonora… con cui si instauri una relazione.
La realtà che ho avuto il privilegio di osservare nei giovani, in questo biennio, e non solo a scuola, è relativa alla fascia della preadolescenza e dell’adolescenza.
Non sono giovani superficiali, tutt’altro. Sono persone che hanno una grande sete di motivazione, disposti anche a sacrifici, purché servano a qualcosa. Sanno mettersi in discussione e fermarsi a ragionare sulle proprie scelte. Sono pronti anche a tornare indietro, se si accorgono di avere imboccato la strada sbagliata. Non ho visto il rifiuto dei modelli o dell’autorità che qualcuno dice di vedere nei giovani. Anzi, essi cercano modelli con cui identificarsi e in relazione ai quali dare avvio alla propria vita di adulti.
Eppure non sbaglia chi legge l’inquietudine negli sguardi degli adolescenti. Anch’io l’ho notata, in molti, in troppi. Ma non è l’inquietudine che nasce dalla pigrizia di chi non vuole far niente. Essi sono inquieti e a disagio perché cercano esempi… e non ne trovano. Vorrebbero confrontarsi con dei modelli adulti, ma trovano adulti che prendono loro come modelli. Vorrebbero impegnarsi in qualcosa di serio e valido, ma non trovano alcuna proposta esigente. Vorrebbero fondare la propria vita su valori forti, ma trovano sete di guadagno e mercificazione dei sentimenti. Vorrebbero gridare che qualcuno li aiuti a trovare il senso delle cose, ma non trovano nessuno disposto ad ascoltarli.
Ecco allora che nasce il disagio giovanile; essi cercano negli oggetti materiali, nello “sballo”, ciò che ormai pensano che nessuno sappia più dare loro: il senso delle cose, il senso di se stessi.
Credo stia proprio qui il fulcro educativo. La base su cui appoggiare e far ruotare ogni azione didattica: rispondere alla domanda di senso dei giovani.
1. 2 Dove trovare il senso…
La ricerca del senso è, lo si capisce bene, una finalità educativa che va ben oltre le singole discipline e ben oltre la scuola. Investe molteplici, anzi tutte le dimensioni di una persona, dall’ambito intellettuale, a quello psicologico, etico, religioso, sociale…
Data la vastità del campo di indagine del senso, non credo che la scuola né tanto meno le singole discipline si debbano preoccupare di esaurire completamente le domande di senso della vita degli studenti. Non è fattibile, e non è il compito proprio.
Credo però che un insegnante di qualità debba assumersi le sue responsabilità di formatore e di indicare delle possibili strade che i ragazzi dovranno percorrere, per trovare degli abbozzi di risposta a quella domanda che si insinua continuamente dentro di loro: “Che senso ha?”
L’insegnante di discipline classiche avrà notato che questa domanda ricorre molto spesso proprio per le materie che lui stesso insegna e che negli ultimi anni si cerca di accantonare perché giudicate… prive di senso nella società moderna.
Eppure, io credo, proprio da quella cultura antica, che si vorrebbe bollare come deficitaria di senso e muta per la società di internet, venga il primo suggerimento su come soddisfare, almeno parzialmente, la bruciante sete di senso.
Racconta infatti la tradizione che sull’architrave del tempio di Delfi fosse scolpito il monito Conosci te stesso, come indicazione per chi volesse, distinguendosi da tutto il creato, identificarsi come uomo. Tale monito, che molta influenza ha avuto nella storia del pensiero, può costituire un punto di partenza anche per la ricerca didattica che mi propongo con il presente lavoro.
Infatti da sempre l’uomo, e quindi anche i nostri giovani, sono alla ricerca prima di tutto di se stessi. Si interrogano sul perché della vita, della morte, della sofferenza, del mondo, del trascorrere del tempo, dell’esistenza dell’altro da sé, dell’amore, dell’odio, della libertà, dell’oppressione, della bellezza... Sono tutti interrogativi che essi avvertono in loro stessi e che desiderano investigare con l’aiuto del mondo adulto che, però, molto spesso non sa proporre una risposta. Questi sono i quesiti dell’uomo di sempre, di ogni uomo, anche degli antichi. Su questi interrogativi la scuola dovrebbe far convergere la sua proposta didattica.
Ma qual è il se stessi che gli studenti vogliono e devono ricercare?
Esso riguarda senz’altro la loro coscienza, le loro emozioni, la loro crescita affettiva e relazionale. Ma non si esaurisce in questo. Avvertire l’esigenza di conoscere se stessi deve costituire, per i ragazzi, il punto di partenza, ma non può costituire un limite.
Infatti il campo di conoscenza si deve allargare ad un se stesso che comprenda anche la realtà socio-culturale in cui si è inseriti, che non può essere percepita come un tutt’altro da sé. In altre parole, ritorna la metafora dei due cerchi concentrici, distinti ma dipendenti l’uno dall’altro.
Se è vero che gli studenti hanno grosse difficoltà a denominare e definire il loro mondo interiore, è altrettanto vero che presentano delle grosse difficoltà a riconoscere come proprio lo stesso universo culturale cui appartengono e con il quale il loro mondo interiore è in continuo dialogo. Così, accanto ad una incapacità di definire e dare spiegazione ai propri sentimenti ed emozioni, c’è una grande difficoltà a riconoscersi nella storia delle idee e dei valori del Paese di cui fanno parte.
Anche questo determina un forte senso di spaesamento e di perdita di identità, con delle conseguenze non sempre chiare agli educatori. Infatti la società odierna sembra orientata a diventare una società multiculturale, ma l’incontro con le diverse culture può diventare persino assai pericoloso se non decolla da un’approfondita conoscenza di sé. Altrimenti il diverso diventa un nemico pericoloso per una non ben definita identità.
Qui la scuola gioca un ruolo per molti aspetti insostituibile: essa può dar conto della cultura che circonda gli studenti, cultura che comunque continua a girare perlopiù attorno ai nuclei di senso che valgono anche per il se stesso individuale come la felicità, la bellezza, l’amore, la libertà…
Può dare non solo il significato dello sviluppo storico-culturale attorno a questo concetti, ma può e deve gettare un ponte fra realtà culturale esterna e mondo interiore. In altre parole, può contribuire, restando alla metafora dei cerchi, a far comprendere quella parte di cerchio esterno che, con grande sorpresa, non si riscontrerà molto diverso dal cerchio interno. Anzi, la lettura del cerchio esterno potrà contribuire in modo decisivo ad una più decisa comprensione di quello interno. Fuor di metafora, la scuola deve guidare i ragazzi a riconoscere che la risposta ai grandi interrogativi che l’umanità si è data nei secoli che li precedono è ricca di significato anche per il loro oggi, o meglio può diventare una rimarchevole occasione di confronto. La scuola deve cioè mettere in comunicazione le due realtà, mondo esterno e mondo interno, facendole vivere di una medesima linfa. Infatti, quale cultura avrebbe avuto origine se non come risposta ad una ricerca del senso del bello e del vero?
Autori apparentemente, ed effettivamente, distanti fra loro quali Terenzio, Lucrezio, Virgilio, Orazio, Ovidio, Agostino… non sarebbero sopravvissuti se nelle loro opere non si fosse riconosciuta la risposta o un tentativo di risposta ad uno o più dei grandi interrogativi di senso che non coinvolgevano solo la sfera esterna dell’uomo, ma anche i suoi profondi aneliti. Anche se questa risposta giungeva ad esiti diametralmente opposti, come la ricerca dell’amore in Orazio, Ovidio e in Agostino.
Ma si pensi anche a campi apparentemente più aridi, come il diritto. Perché mai ci sarebbero giunti trattati di giurisprudenza (sistematicamente trascurati nella prassi didattica del latino) se questi non avessero avuto a che fare con il desiderio e la convenienza della libertà?
Come si può facilmente intuire, gli studenti allorché si rendono conto, attraverso un taglio antropologico, che la storia culturale cui appartengono non è a loro estranea, anzi costituisce una pietra di confronto con il proprio mondo interiore, trovano altamente motivante lo studio della loro identità culturale.
Ritengo che la scuola debba partire da qui.
Deve saper dare delle chiavi di lettura del reale che permettano allo studente di capire e di capirsi.
II. IDENTITA’ E STORICITA’ COME FONDAMENTI EDUCATIVI
2. 1 Quale reale leggere e come…
Vista l’importanza di una lettura dell’identità culturale che circonda i singoli studenti come ponte in costante dialogo con l’identità interiore di ognuno, s’impone ora una questione certamente non secondaria, e cioè quale dimensione di appartenenza proporre agli studenti.
Di là da qualsiasi rigurgito razzista, è non solo utile, ma eticamente doveroso per la scuola italiana partire dall’identità europea. Europa, dunque, come necessario punto di riferimento per l’identità culturale. Ma qual è il significato che si vuole attribuire all’Europa?
Afferma Curtius:
L’Europa sarebbe semplicemente un nome, “un’espressione geografica” (come Metternich ebbe a dire dell’Italia), se non vi si annettesse un significato storico. …La storia si pone il problema dell’origine delle culture…ne deduce una tipologia di miti che l’umanità ha storicamente prodotto ed interpreta questi miti come simboli del divenire cosmico; apre il suo sguardo sulla natura e sulla religione.
Curtius cerca un’idea di Europa in un comune patrimonio letterario costituitosi come tradizione sui tempi lunghi della storia, dagli antichi greci al mondo contemporaneo. Si tratta di una interpretazione di 1500 anni di storia che vede nel Medioevo latino il punto chiave dello sviluppo letterario occidentale, quello in cui vengono formate strutture culturali rimaste vitali fino ai nostri giorni.
Europa della storia, dunque, ma anche Europa delle culture nella storia.
È uno snodo fondamentale: non basta saper riconoscere, come precedentemente illustrato, i tratti antropologici caratterizzanti la cultura che circonda gli studenti. È necessario anche saperli collocare storicamente. Si noti che, a livello educativo, la collocazione storica è estremamente importante, giacché permette di acquisire un senso del divenire quale alimento per la formazione di un senso critico in grado di superare l’uniforme appiattimento mass-mediatico e di un senso anche del divenire personale. In più, per lo studio dei classici, essa rappresenta la condicio sia qua non.
2. 2 Una carta in più per gli studenti delle discipline classiche…
Gli studenti che si accostano ai classici sono avvantaggiati proprio perché cominciano a decifrare e a interpretare la realtà che li circonda e li comprende, in chiave di sviluppo storico, seguendo gli sviluppi che i nodi concettuali del mondo antico hanno avuto nel corso dei secoli in cui si è formata l’Europa. Possono, così, attivare quel motivante processo di conoscenza della propria identità culturale a partire dalla conoscenza stessa delle civiltà greca e romana che sono state la culla della civiltà occidentale.
Per questi studenti, tuttavia, si pone anche un altro stimolante interrogativo: quale rapporto intercorre fra il mondo greco e romano, in particolare, e l’attuale civiltà europea?
Non è certo mancata, in passato, la presunzione di individuare una sorta di perennità esemplare degli antichi od altri tentativi, più o meno maldestri, di aggiornarne a tutti i costi l’attualità.
Tutte affermazioni che, al di là della ristretta cerchia in cui sono nate, non hanno goduto di lunga vita. Forse perché sono irrimediabilmente false e i giovani non sono attratti da ciò che risulta poco vero. Non credo, si badi bene, che siano state formulate in malafede, sono solo ingenue oltre che riduttive, e, sotto il profilo didattico, poco remunerative.
Luciano Canfora, nel suo libro Gli antichi e noi, a proposito dei rapporti che intercorrono con il mondo classico e dei tentativi di rintracciarne una identità con il mondo moderno, si esprime in questo modo:
Al contrario la strada da percorrere, la meno ingenua, e forse anche la meno sterile, sarebbe proprio quella che punta a conoscere per differentiam: al di là di una tradizione umanistica di lunga durata, che insiste sull’identità tra loro e noi. Mette conto di sforzarsi di capire, con strumenti che ormai non mancano, la differenza.
Credo anch’io che questa possa rivelarsi una strada molto utile, sia per conoscere appieno gli antichi sia, soprattutto, per conoscere meglio la civiltà occidentale: riconoscere che c’è stato un punto di frattura, per il quale il mondo concettuale antico cambia radicalmente prospettiva, per il quale l’antico criterio di interpretazione del reale si trasforma e, così mutato, giunge fino a noi. E che, giunto a noi, può essere rifiutato o accolto, certo non ignorato.
III. IL PUNTO DI FRATTURA CON IL MONDO ROMANO E LA NASCITA DELLA CIVILTÀ EUROPEA
3. 1 Agli inizi di una grande frattura…
È indubitabile come, nel mondo concettuale e simbolico degli antichi, una singolare frattura si imponga quando il Cristianesimo venne considerato come religione della maggioranza. Da allora nulla, o poco, fu come prima. Si può persino affermare che questa frattura divenne il filtro attraverso il quale si formò non solo la civiltà medievale, ma anche la società occidentale nel suo complesso.
Eppure, nella nostra tradizione scolastica, non sempre si dà riscontro del latino (e del greco) cristiano e, ancor meno, del panorama mediolatino: testi di forte espressività, ma soprattutto di singolare riscontro nella percezione dell’identità europea, risultano negletti. È un vero e proprio sperpero didattico, a volte motivato dal mancato padroneggiamento, da parte dei docenti, di queste aree letterarie, e in parte giustificabile con quella specie di pudore provinciale per tutto ciò che possa avere attinenza, o almeno contiguità, con le dinamiche religiose.
Ma non è tanto un discorso di collocazione religiosa che ci preme – né sarebbe pertinente allo statuto disciplinare – quanto piuttosto una riflessione sulla costruzione culturale europea e sui paradigmi di riferimento valoriale della formazione dei futuri cittadini-studenti.
Con il passaggio dalla Romanità alla Cristianità, i grandi nuclei essenziali, quelli che devono costituire il criterio di lettura dell’identità europea e che devono dialogare con la costruzione dell’identità personale, si modificano. Si pensi alla concezione diversa, tra Romanità pagana e Romanità cristiana, della bellezza, del rapporto con sé e con l’altro, della sapienza, dell’amore, del lavoro. Anche il lessico si trasforma: accanto ai neologismi di matrice semita o greca, gli scrittori cristiani si impadroniscono senza alcuna soggezione del patrimonio lessicale latino e lo stravolgono, rigenerandolo. Fu con la forte spinta del latino cristiano, accanto agli effetti di sostrato e di superstrato e al predominio del sermo humilis, che nacque il latino medievale, vera lingua internazionale.
La frattura definitiva del Cristianesimo con il mondo greco-romano si colloca nello sviluppo tardo-antico e nell’Europa alto-medievale, ma fu chiaro fin da subito che la nuova religione non si poteva adattare facilmente al panorama ideologico e materiale antico, e viceversa. Certo, non fu subito persecuzione, se è vero quanto ci ricorda Tertulliano che Tiberio stesso propose, nel 35, che Cristo fosse riconosciuto legittimamente fra le divinità dell’impero, ma gli fu opposto un rifiuto da parte del senato. Il Cristianesimo da allora fu considerato religio illicita.
Sembra, però, che i cristiani non rifiutassero per principio l’impegno nella gestione dello stato, ma per ragioni di prudenza preferissero tenersi lontano dalla vita pubblica. A quanto rileva Marta Sordi, anche per il servizio militare i cristiani non avvertivano contraddizione fra la vita militare e l’essere discepoli di Cristo; anzi, ai cristiani la vita militare era presentata come un modello. Fu semmai il diffondersi del Montanismo che provocò i provvedimenti anticristiani di Marco Aurelio.
Le ragioni del conflitto fra Cristianesimo e Romanità vanno, quindi, ricercate più in profondo. Innanzi tutto con il Cristianesimo veniva stravolta la religiosità dei romani. Esso si presentava come un culto che non si conformava al mos maiorum. Si ricordi a proposito che Diocleziano stesso affermò che non era lecito per una nuova religione (la cristiana) criticare una vecchia, che aveva ricevuto l’approvazione dagli antichi. Inoltre, il concetto di pax deorum, che prevedeva il rispetto di tutti gli dei perché propiziassero la prosperità allo stato romano, fu sconvolto dal deciso rifiuto dei cristiani di scendere a compromessi con altri dei.
Non solo. I cristiani sembravano decisi a porre in discussione le basi stesse del potere di Roma, fondato sulla guerra e sulla schiavitù. Con una simile contestazione, “avevano ragione” i senatori del tempo di Tiberio: non c’era possibilità di dialogo e di tolleranza, insomma, non licet vos esse.
In definitiva, i cristiani, pur rispettando lo stato, non si riconoscevano appartenenti a nessun popolo specifico sulla terra, ma si richiamavano a una più vasta comunità ultraterrena, senza più i limiti delle nazioni umane. Veniva a cadere il tradizionale etnocentrismo degli antichi.
È in tal senso che Agostino, nel suo De civitate Dei, contemplava senza batter ciglio il sacco di Roma, poiché nessun popolo può dirsi proprietario di una terra, e spezzava la tradizionale anaciclosi degli antichi. Così, a questo proposito, scrisse Croce:
Per la prima volta è rotta l’idea del circolo, del ritorno perpetuo delle cose umane al loro punto d’inizio; per la prima volta la storia è intesa come progresso, progresso che gli storici antichi non riuscirono a scorgere se non in rari baleni.
Agostino si presentava all’appuntamento con la Storia partendo da posizioni metastoriche. In un periodo in cui tutto sembrava caos e disperazione, egli cercava, sulla scorta di verità rivelate, di dissolvere l’oscurità di un non-senso della vita individuale e sociale. La fede divenne allora un veicolo di radicale contestualizzazione e, al tempo stesso, di astrazione.
Da ciò il primo grande e incolmabile scarto fra mondo cristiano e mondo romano.
Non era più il mondo al centro del pensiero cristiano. Non era l’impero. Non era Roma. Non si riconosceva la sovranità unica e assoluta di quel comando terreno, dell’imperium saeculi.
Ma non riconoscevano neanche il valore sommo di ciò che il mondo in quanto tale poteva rappresentare. Non era più il cursus honorum ad essere tenuto in somma considerazione, ma la carità tra i fratelli. Le stesse antiche virtù cardinali si trasformarono in senso spirituale.
Il Cristianesimo si pose allora come un mondo nuovo spalancato su quello vecchio.
3. 2 La lunga e grande frattura…
La proposta cristiana, che procedeva per absurdum, inizialmente accolta dai tanti deraciné che si accalcavano nell’impero, finì col conquistare i ceti più elevati. Il mondo nuovo ingoiò quello vecchio. La religione dei perseguitati divenne persino, nelle mani degli uomini, codice di potere e, talora, di persecuzione. Nel 380, con Teodosio, il Cristianesimo fu la religione di uno stato che, però, neanche cent’anni dopo, non c’era più. Sulla scena europea si presentarono quei popoli e quei regni che divennero romano-germanici.
È a partire da questo periodo che il patrimonio culturale romano passa attraverso il filtro della Chiesa, mentre con l’apporto di questi popoli “inaspettati” si crea una nuova identità: la realtà europea. Da allora, sulle macerie di quello che fu il grande Impero Romano d’Occidente, ritroviamo il terreno fertile sul quale nasce la cultura europea, l’identità che stiamo tentando di definire.
Qualche tappa? Tramontato nel 476 l’impero d’Occidente, nel 480 nasce a Norcia San Benedetto, non solo creatore di una regola che è fra i documenti più importanti della cultura occidentale, ma anche, e forse soprattutto, strenuo difensore del patrimonio culturale ereditato dalla classicità. Qualche anno dopo, con Clodoveo, si converte al cattolicesimo il primo popolo germanico. Passaggio fondamentale è anche il pontificato di Gregorio I Magno, che guida la Chiesa in un’epoca in cui era diventata in Occidente l’unico punto di riferimento in tutti i sensi: religioso, culturale, politico e sociale.
Con Carlo Magno, incoronato la notte di Natale dell’800, opportunamente si parla di renovatio imperii: egli plasma il suo impero in senso unitario, cercando non solo l’unificazione monetaria, amministrativa, legislativa, ma anche liturgica e culturale con la sua scuola Palatina.
3. 3 Nel cuore della Christianitas e nel cuore dell’Europa …
L’impero rinasce, ma profondamente trasformato. Era sacro perché cristiano. Assunse allora il nome di Christianitas.
Per Christianitas s’intende (e si intendeva) un insieme di realtà civili e politiche, tendenti a modellarsi sui valori cristiani, ma nella distinzione tra comunità religiosa, la plebs Dei, e la comunità civile. Unità di fondo religiosa, ma anche morale e giuridica (pur con il riconoscimento delle consuetudini locali), culturale, linguistica (a livello delle lingue colte il greco, ma soprattutto il latino pur con lo sviluppo delle cosiddette lingue volgari. Insomma fu una realtà, e molto più spesso un modello, non solo politica, ma anche socio-culturale. Essa modellava e era modellata dalla coscienza della gente.
L’Europa che si formò sulle ceneri di Roma, alimentata dal Cristianesimo, è la nostra Europa? La questione non è di poco conto. Non lo è a livello sovranazionale, non lo è a livello individuale.
Per restare sul piano didattico, se la discontinuità e il rapporto con i romani non passasse per differentiam attraverso il Cristianesimo, ma si arrestasse in un’epoca, comunque remota, senza nessuna influenza sul presente, è evidente che la motivazione per lo studio della letteratura cristiana come chiave di lettura della cultura contemporanea, verrebbe meno. Solo una questione di particolare rilevanza culturale può infatti determinare una scelta così articolata nell’insegnamento / apprendimento del latino.
Si ravvisa nell’Europa odierna un età post-cristiana. E molti dati sulla secolarizzazione possono confermare questa visione, almeno nell’ambito degli stili di vita e dei rapporti interpersonali, più che nelle singole, intime convinzioni.
Sembrerebbero andare in questa direzione anche le recenti polemiche riguardanti l’inserimento di un riferimento a Dio o alle origini cristiane dell’Europa nella Magna Charta dell’Unione Europea, la costituzione di quell’entità che, storicamente, verrebbe a prendere il posto, da tempo vacante, della Christianitas.
Possiamo riportare, a mo’ d’esempio, un paio di posizioni. Presso l’Istituto Universitario di Fiesole, dove l’Unione forma un proprio ceto intellettuale scelto, non solo si esclude ogni insegnamento sul medioevo e sull’antichità classica, ma programmaticamente si afferma:
…the study of European history, understood less as a collection of the histories of nation states than as a study of the complex relationships between them. Our chronological coverage extends from the Renaissance - when Europe's contact with the world became more continuous and European forms of self-reflection more intense and systematic - to the present, roughly from the fifteenth to the beginning of the twenty-first centuries.
In direzione contraria, va la celebre riflessione di Benedetto Croce sul “perché non possiamo non dirci cristiani”. Essa può costituire, senza alcun integralismo confessionale, una provocazione interpretativa dello studio dell’identità storica e culturale dell’Europa, attraverso il filtro del Cristianesimo, mentre nello specifico didattico, essa permette una robusta giustificazione, anzi una concreta spinta a varcare i confini tra letteratura latina classica e letteratura latina cristiana.
Non significa un tentativo malcelato di far aderire al Cristianesimo chi, per sua scelta, se n’è allontanato o non vi si è mai accostato. Al contrario, una simile proposta didattica vuol dare un significato storico e culturale anzitutto agli innumerevoli capolavori di tutte le arti che il nostro continente racchiude, che sono stati prodotti come pegno di fede, o come strategica alleanza tra religione e potere.
Ma non è solamente questo.
Sulla scia dell’affermazione di Croce, in realtà, si potrebbe riflettere su come l’uomo europeo, pur personalmente ateo, finirebbe con essere latamente cristiano per alcuni valori e significati che porta nel mondo, assimilati in profondità da una coscienza secolarizzata e ridistribuiti nella convivenza civile: la solidarietà, la riflessione sulla pace, l’impegno per i più deboli.
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Tuesday 20 November 2007 - Continuità/discontinuità. Delle culture in lingua latina: il "caso" cristianesimo, parte 2
del Professor Paolo Boffo
IV. LA DIMENSIONE DIDATTICA DI UN’EDUCAZIONE VALORIALE CON LE DISCIPLINE UMANISTICHE
4. 1 E il cerchio si chiude…
Per absurdum, secolarizzati ma, se vogliamo, culturalmente cristiani sarebbero allora tutti quegli studenti che non rimangono indifferenti a temi come la lotta alla povertà, alla guerra, alla fame, alle ingiustizie... D’altro canto, proprio la laicizzazione della società ha permesso che questi valori prendessero la consistenza di un diritto civile e di una negoziazione politica.
Queste problematiche non corrispondono ad una convenzione culturale, ma a ciò che promana dall’intimo dei ragazzi, interiormente spinti a cercare di scoprire le radici delle proprie aspirazioni. Il lavoro sulla continuità / discontinuità delle culture di lingua latina fa così riscoprire il sostrato storico-culturale della realtà che li circonda, e, al tempo stesso, coinvolge il senso delle cose e della esperienza umana. Il raffronto con esperienze storiche e politiche succedutesi nei tempi non fanno che arricchire l’offerta didattica e la ricerca valoriale.
Identità culturale e identità personale si rincorrono e si intrecciano; le convenzioni diventano convinzioni. La testualità approda, di conseguenza, all’intertestualità.
4.2 Continuità e discontinuità: quando la testualità diventa intertestualità…
Grande sarà, in tale prospettiva, la pregnanza culturale e l’incidenza formativa di questa intensa pagina – accettata o meno, nei suoi presupposti e nelle sue conclusioni, ma comunque analizzata e discussa in classe – del Dottor Živago:
Voi non capite che si può essere atei, si può non sapere che Dio esista e per che cosa, e nello stesso tempo sapere che l’uomo non vive nella natura, ma nella storia, e che, nella concezione che oggi se ne ha, essa è stata fondata da Cristo, e che il Vangelo ne è fondamento. Ma che cos’è la storia? È un dar principio a lavori secolari per riuscire a poco a poco a risolvere il mistero della morte e a vincerla un giorno. Per questo si scoprono l’infinito matematico e le onde elettromagnetiche, per questo si scrivono sinfonie, ma non si può progredire in tale direzione senza una certa spinta. Per scoperte del genere occorre un’attrezzatura spirituale, e in questo senso, i dati sono già tutti nel Vangelo. Eccoli. In primo luogo questo amore per il prossimo, questa forma suprema dell’energia vivente, che riempie il cuore dell’uomo ed esige di espandersi e di essere spesa. Poi, i principali elementi costitutivi dell’uomo d’oggi, senza i quali l’uomo non è pensabile, e cioè l’idea della libera individualità e della vita come sacrificio. Tenete conto che oggi ciò è ancora straordinariamente nuovo. Gli antichi non avevano storia in questo senso. C’era allora la ferocia laida e sanguinaria dei Caligola butterati dal vaiolo, i quali non sospettavano neanche quanto sia mediocre chiunque asservisca un altro. C’era la pomposa, morta eternità dei monumenti di bronzo e delle colonne marmoree. Solo dopo Cristo, i secoli e le generazioni hanno potuto respirare liberamente. Solo dopo di lui, è cominciata la vita nella posterità e l’uomo non muore più per la strada, ma in casa sua, nella storia, nel pieno di una attività consacrata a vincere la morte, dedito lui stesso a questa impresa.
4. 3 La discontinuità: ovvero tante strade per la felicità…
Parlare di felicità e parlare di vita costituisce, per i ragazzi, una stessa, sonante moneta.
Se ci trasferiamo a livello culturale, il catalogo della felicità è un topos della letteratura antica, con la tecnica del makarismós.
È sufficiente ricordare due grandi esempi: il passo del De rerum natura II, 1-19, in cui Lucrezio delinea la figura del sapiente epicureo, colui, cioè, che ha conquistato la serenità interiore, l’ataraxia, e che quindi può contemplare, senza esserne coinvolto, i mali che affliggono il resto dell’umanità, non ancora illuminata dalla dottrina della sapienza, essa che non abita gli edita doctrina sapientum templa serena.
Lucrezio respinge le vane occupazioni degli uomini, le loro inutili ricchezze, in nome del principio epicureo del làthe biósas, inteso come serena riservatezza. Qui sta la felicità secondo gli epicurei.
Con Virgilio, Georgiche II, 490-540, abbiamo un altro famoso esempio di makarismós. Rifacendosi all’autorità lucreziana, per Virgilio è certamente felice il filosofo, felix, qui potuti, rerum conoscere causas, ma è nell’esaltazione della vita campestre che egli ritrova la vera strada della felicità.
Al filosofo, insomma, Virgilio preferisce il contadino curvo a zappare la terra o a rigovernare il bestiame, che mantiene la devozione ai tradizionali dei silvestri e alle ninfe e affida al lavoro di tutto un anno il benessere della patria, dei nipotini, degli animali: Hic anni labor, hinc patriam parvosque nepotes sustinet, hinc armenta boum meritoque iuvencos. I beni autentici non sono improbabili o eclatanti, ma sono i frutti che la provvida natura fa maturare.
Per entrambi i poeti latini il bersaglio polemico è costituito dagli uomini ambiziosi, avidi e violenti. Essi scrivono in anni in cui, nella spirale delle lotte per il potere, le coscienze e i valori sono in crisi, ma le loro soluzioni sono diverse.
Per Lucrezio è essenziale la mancanza di sofferenza fisica, l’assenza di turbamento spirituale e la lotta alla superstizione religiosa, per l’agricoltore delle Georgiche la soluzione è rappresentata dalla fatica coerente, dall’impegno instancabile, dalla devozione tradizionale.
Anche nei Vangeli c’è la presenza di un makarismós, che costituisce anzi la carta d’identità del nuovo credente. È il noto passo delle Beatitudini, il cosiddetto discorso della montagna. Esso costituisce un esempio radicale di discontinuità con il mondo classico. La sua grande originalità e il suo stesso respiro poetico poggiano sulla strada totalmente diversa per indicare ciò che procura la felicità.
Ora a segno della felicità non è chiamato qualcosa che può essere immediatamente condivisibile, come ad esempio la quiete, che Lucrezio raggiungeva con il ritiro e Virgilio con l’espletamento delle proprie tradizionali mansioni. Viene invocato, invece, ciò che istintivamente ciascuno vorrebbe evitare, ciò che viene percepito naturalmente come negativo, come inequivocabile segno di infelicità.
Nel paradossale discorso della montagna traspare che anche la quotidianità, pur intrisa di sofferenze, può far raggiungere la felicità, la speranza è per tutti. La nuova mentalità proposta con il Cristianesimo valorizza l’uomo proprio nel non nascondere / nascondersi la sua connaturata debolezza. Riconoscendola umilmente, infatti, tutto il nostro essere assume un insperato significato.
I depositari della felicità evangelica sono in primo luogo i pauperes spiritu, coloro che non fanno derivare i loro beni dall’orgoglio intellettuale, ma dalla grazia divina e che, sulla scorta di tale gratuità, concepiscono la vita come dono; i mites, coloro che sanno che la pace interiore sazia qualsiasi bramosia terrena; qui lugent, coloro che hanno la coscienza che attraverso il soffrire si attua la purificazione dell’uomo e il suo innalzamento verso Dio; qui esuriunt et sitiunt iustitiam coloro che sanno che solo Dio può appagare il bisogno di giustizia, spesso disatteso dalle leggi; i misericordes, quelli disposti a perdonare, con la consapevolezza sarà loro perdonato con la stessa larghezza con cui perdoneranno agli altri, come si dirà in un altro passo: dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris.
Ciò che ci fa godere della visione di Dio, innalzandoci fino al cielo, non è la sapienza, che in Lucrezio, De Rerum natura, calpestando la superstizione religiosa, eguaglia al cielo, nos exaequat caelo, ma la purezza del cuore, mundo corde.
La predicazione cristiana, affidata al filo del paradosso, appare stolta, oltre che innaturale, alla sapienza pagana: non autem praedicamus Christum crucifixum, Iudaeis quidem scandalum, gentibus autem stultitiam, ispis autem vocatis […] Christum Dei virtutem ei Dei sapientiam, quia quod stultum est Dei sapientius est hominibus, et quod infirmum est Dei fortius est hominibus. Ma, come dice S. Paolo, la stoltezza e la debolezza divine, per un credente valgono più della forza e della sapienza umana.
Infine, forse la beatitudine più alta che rende quasi partecipi della natura divina, filii Dei vocabantur, spetta ai pacifici: si tratta di una dimensione attiva, di drammatica attualità, che non rinchiude la felicità dell’uomo negli edita doctrina sapientum templa serena, e neppure la identifica con la serena, ma solitaria, cura del proprio podere, con gli occhi chiusi verso gli altri, Hic anni labor…
La dimensione dei pacifici spinge semmai alla positiva relazione con se stessi e con l’altro, si trasmette, rigenerandola, alla società.
Inoltre i beati non temono la persecuzione: Beati qui persecutionem patiuntur propter iustitiam, quoniam ipsorum est regnum caelorum. Le sorti terrene, che nel mondo classico si consideravano definitive, senza riscatto ultraterreno, non sono più la parola ultima sul destino dell’uomo. La dimensione escatologica ridà speranza agli oppressi.
Con un violento paradosso, Cristo annulla la ricerca della fama, fulcro dell’etica pagana: ciò per cui si spendevano gli antichi, la ricerca della gloria imperitura attraverso le imprese, non conta poi molto se, nella vita ultraterrena, aspetta una grande ricompensa a coloro il cui nome è infangato e calunniato a causa della fede, cum maledixerint…et dixerint omne malum adversum vos.
È una novitas veemente in contrapposizione all’auctoritas greco-latina.
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TRE PROPOSTE DI FELICITA’
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Lucrezio
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Virgilio |
Beatitudini |
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· mancanza di sofferenza fisica
· mancanza di turbamento spirituale
· lotta alla superstizione religiosa |
· fatica serena per la famiglia, la patria, la terra
· impegno instancabile per goderne i frutti del raccolto, anno dopo anno
· devozione tradizionale |
· povertà in spirito
· mitezza
· pianto
· fame e sete di giustizia
· disponibilità a perdonare
· purezza di cuore
· creazione di pace
· persecuzione e diffamazione per Cristo
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4. 4 Uno sguardo sul mondo…
Resta da annodare il rapporto con la realtà degli studenti. Questo modo di affrontare la realtà non è certo proprio della maggioranza dei cittadini occidentali. Ma è altrettanto vero che il messaggio del discorso della montagna non è passato lasciando indifferente la società in cui viviamo.
Esso può essere rifiutato, ma al tempo stesso fungere da reagente culturale: può, insomma, porre il problema.
Certo, a prima vista, guardando l’avidità di ricchezze e di egoistico successo tipico dell’occidente consumista, contrapposta alla situazione di povertà che ancora regna in molte parti del mondo, verrebbe da dire che il modo di pensare non è poi tanto cambiato rispetto ai tempi di Lucrezio e Virgilio. In fondo, a muovere gli ideali pagani di felicità e quelli delle nostre opulente società pare essere il medesimo egocentrico desiderio di star bene da soli. E in molta parte lo è veramente.
Tuttavia, anno dopo anno, si è realizzata una forte discontinuità culturale. Oggi l’opinione pubblica critica, anche se spesso maldestramente, e in gran parte senza coerenza di comportamento, questo modo di comportarsi. Nessuno si era mai sognato di farlo durante l’impero romano, con tale portata di consapevolezza estesa. Vi è una condanna generalizzata nella coscienza dell’Occidente per ogni tipo di ingiustizia umana, una condanna che è di tipo morale.
Nel nostro sentire, laico e, se vogliamo, religioso, la continuità / discontinuità che si è creata con il mondo classico è ben presente ed evidente. Non è un episodio misuratamente letterario.
Ancora una volta, una rilettura didattica di questa problematica culturale può rafforzare l’educazione valoriale degli studenti, facendoli evolvere da una vita eterodiretta e da uno stato di sostanziale anomia a una morale autonoma e, al tempo stesso, condivisa.
4. 5 Discontinuità nella continuità: e l’Humanitas si trasforma…
In chiave didattica, la riflessione sull’uomo è un contenuto essenziale, di stretta pertinenza delle discipline classiche che lo hanno elaborato. Ecco che un laboratorio di analisi testuale permette di far apprezzare agli studenti l’intuizione classica di humanitas, e di cogliere lo scarto con l’interpretazione cristiana. Non solo, si acquisiranno competenze che possono essere usate per decifrare tutti gli umanesimi che si sono poi succeduti e si susseguono nella storia del pensiero.
L’attenzione all’uomo non è certamente sconosciuta al mondo greco. Il dibattito dei sofisti porta l’uomo al centro della discussione. Ma è sostanzialmente una visione intellettualistica, che incide poco nelle relazioni tra le persone. I sofisti proclamano il relativismo della coscienza, ma anche la legittima supremazia del più forte sul più debole.
Da questa visione si stacca non poco Socrate, per il quale è invece possibile conoscere ciò che è bene e ciò che è male. Anzi, è proprio dalla conoscenza del bene che la coscienza individuale guida l’uomo verso il bene. Contemporaneamente, il teatro tragico continua la sua riflessione sull’uomo descrivendolo come un essere chiamato ad un difficile equilibrio fra metriòtes e hybris.
Tuttavia spesso si raffigura l’uomo in gran parte come prototipo ideale, senza la concettualizzazione della sua essenza ultima, della sua “umanità”. Ne è spia, a livello lessicale, la mancanza in greco dell’astratto del termine ànthropos, come succede, invece, per il latino, in cui al termine homo si accompagna l’espansione humanitas.
È con i romani, infatti, che la riflessione sull’uomo conosce un innalzamento di livello notevole, proprio partendo da basi tangibili di percezione. L’uomo dei latini è l’uomo concreto e pratico, fatto non di sola intelligenza, ma di oggettivabili azioni di vita, tali da determinarne i comportamenti. La riflessione si approfondisce con Terenzio. È l’età scipionica che propone nuove idee sull’uomo: gli uomini sono accomunati da aspetti ideali, affettivi, emotivi, da impulsi spirituali, ma anche da debolezze esistenziali.
Di conseguenza, non si può accettare dell’uomo solamente ciò che è elevato, ma anche ciò che di fragile abita in lui. Il poeta non arriva ancora a creare il sostantivo astratto di cui si diceva, ma propone già quello che può essere considerato il manifesto dell’humanitas latina. Homo sum, humani nil a me alienum puto (Heautontimoroumenos).
Con Cicerone arriva il conio astratto, con molteplici accezioni: intrinseca dignità della natura umana, tolleranza reciproca; saggezza e moderazione; superamento dello stato di barbarie insito nella condizione naturale; finezza nei sentimenti; eleganza di tratto; cultura e magnanimità. Anche l’accortezza politica e la buona gestione del governo è frutto, tutto sommato, di humanitas.
Più tardi il concetto di humanitas si interiorizza, sino a toccare con Seneca momenti di grande contiguità con il Cristianesimo. Riandiamo alla sua considerazione degli schiavi, homines, immo humiles amici, oppure alla consapevolezza che la divinità che è ospitata nel corpo dell’uomo, deum in humano corpore hospitante.
Il messaggio cristiano, in generale, e la Patristica, in particolare, trovarono dunque un terreno preparato a degli sviluppi, comunque, inattesi. Il concetto di humanitas passa, direi quasi naturalmente, all’interno del mondo cristiano, ma lo fa nei termini, ancora una volta, di una forte discontinuità.
È Sant’Agostino che ci aiuta a comprendere questa differenza nell’incipit delle Confessiones. Egli dice: Invocat te, domine, fides mea quam dedisti mihi, inspirasti mihi per humanitatem filii tui, per ministerium praedicatoris tui.
Ritroviamo la parola humanitas, ma con un significato radicalmente nuovo, inatteso: “incarnazione”. Questo slittamento semantico ci permette di comprendere la discontinuità nella concezione dell’ humanitas.
Per i cristiani, infatti, valgono tutte le caratteristiche che aveva l’humanitas latina, ma l’intensità e il coinvolgimento sono diversi. Il cristiano è vincolato all’amore verso tutti gli uomini, anche verso i nemici: Diligite (gr. agapàte) inimicos vestros et orate pro persequentibus vos. L’amore verso l’uomo, qualsiasi uomo, comandato da Cristo stesso, è così grande perché, per i cristiani, Dio stesso ha assunto la natura umana, incarnandosi.
La debolezza di ogni uomo assume allora un valore diverso da quello che aveva in Terenzio. Questi riconosceva la nostra ontologica debolezza e la accettava per una sorta di solidarietà umana. Ma era una concezione che trovava tutto il suo senso solo sulla terra, e in riferimento all’uomo. L’humanitas classica si spingeva fino a riconoscere una comune fragilità dell’uomo, a perdonarla e soccorrerla, mai ad amarla.
Per Agostino e per il pensiero cristiano è diverso. La debolezza assume valore perché Dio stesso l’ha assunta e ne ha fatto strumento di salvezza della debolezza stessa, strumento di redenzione. Nei piccoli e nei deboli è presente, per i cristiani, lo stesso Cristo, non come semplice ricordo, ma in virtù della solidarietà che ha espresso con l’uomo con la sua incarnazione, con la sua humanitas.
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mondo giudaico-cristiano vs mondo greco-romano
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· primato della grazia
· carità sovrannaturale
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· primato della ragione
· solidarietà naturale |
Non è più, quindi, l’uomo, signore e misura del mondo, ma l’uomo diventa signum, impronta della trascendenza divina. Nella civiltà europea, è stata questa radicale concezione dell’uomo che ha condotto a figure come Francesco d’Assisi e Madre Teresa: nei fatti essi hanno reso presente ciò che proclamavano a parole, ovvero l’amore per l’uomo e per la sua debolezza. Senza una lettura in chiave cristiana dell’humanitas, tali figure non si spiegherebbero, anzi verrebbero racchiuse in un infelice non-senso.
Con la riproposta quattrocentesca dell’humanitas, la rinnovata centralità dell’uomo poggia sulla riscoperta filologica dei classici, ma non è comunque disgiunta dalla revisione cristiana dell’essere uomo. Esemplare è, in tal senso, l’Oratio de dignitate hominis di Pico della Mirandola (1486): l’intrinseca dignità dell’uomo si fonde e si invera nel libero arbitrio che Dio gli ha donato, unico tra tutti gli esseri. In questa profonda creaturalità dell’uomo consiste, dunque, la sua più autentica grandezza, la sua creatività:
Nec te celestem neque terrenum, neque mortalem neque immortalem fecimus, ut tui ipsius quasi arbitrarius honorariusque plastes et fictor, in quam malueris tute formam effingas. Poteris in inferiora quae sunt bruta degenerare; poteris in superiora quae sunt divina ex tui animi sententia regenerari.
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QUALE CONCEZIONE DI UOMO?
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Humanitas classica |
antropocentrismo |
trova significato sulla terra e si realizza sulla terra |
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Humanitas cristiana |
teocentrismo |
trova significato nella trascendenza, ma esige una realizzazione anche sulla terra |
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Humanitas quattrocentesca |
antropocentrismo cristiano |
si realizza sulla terra, ma poggia sul libero arbitrio come dono di Dio |
4. 6 Quale significato di “studente”: ancora una discontinuità…
Questa riflessione didattica non potrebbe dirsi completa se, partendo dalla concezione di uomo sin qui esaminata, non arrivasse a declinare anche una specifica concezione di studente.
L’attuale società neo-liberista propone slogan efficientisti anche a livello scolastico, mentre la competitività sembra regola d’ordine nella scuola dell’autonomia. La scuola parrebbe tradursi, allora, in una campionatura di buone pratiche didattiche, finalizzate all’acquisizione di competenze professionali. Peggio, potrebbe divenire una cinghia di trasmissione del modello d’uomo reificato imposto dai grandi media e dai gruppi di potere economico. Lo studente vedrebbe così ridotta la sua specificità individuale all’anonimato dell’utenza.
In tal senso, proposte di discontinuità culturale, anche se non accolte nei contenuti, sono di sicura formatività, in quanto fanno riflettere e, quel che più conta, possono far scegliere più consapevolmente allo studente, in chiave di pluralità, il suo percorso di vita.
L’eredità umanistica, in campo pedagogico, e la sua rilettura cristiana, continuano ad affermare la centralità e la dignità della persona nel processo educativo e la sostanziale gratuità di quest’ultimo, di contro all’utilitarismo dell’homo oeconomicus. Una centralità e dignità non episodica, né formalistica. Pertanto, ancora una volta, impongono una loro singolare, “inattuale”, discontinuità; una frattura senza mediazioni:
Il progresso tecnico esige specialisti e esige che sian dotati perché il denaro pubblico sia speso nel modo più efficace. Si cerca l’efficacia prima che la giustizia. Il progresso della scienza e il benessere di tutti prima di aver assicurato a ogni singolo la dignità d’uomo. Queste son cose da lasciarsi fare ai nazisti, ai sovietici, agli americani, a tutti quelli che vivono per l’efficacia e che nell’efficacia dei loro atti pongono l’unica ragione di vita. Non noi che abbiamo deciso di contentare il Signore e abbiamo capito che ogni anima è un universo di dignità infinita (don Milani).
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Sunday 4 November 2007 - Le nostre intenzioni
Perchè abbiamo linkato questo blog al nostro sito di famiglia? Non ne abbiamo già abbastanza di aggiornare di continuo il sito dei Boffo con annesse altre innumerevoli famiglie, alle quali non può essere sottratta la storia certa e documentata di famiglie storiche e blasonate come i Renier e i Ranieri?
Abbiamo voluto dare la voce e la penna a tutti i nostri parenti più o meno lontani che hanno qualcosa da raccontare: dei nonni bisnonni zii, e di tutti coloro che hanno dimostrato con piccoli episodi l'attaccamento alla famiglia e alla terra che li ha visti crescere.
Perciò siano benvenuti tutti coloro che hanno un pò di memoria, che hanno un pò di tempo "da perdere", che vogliono ricordare i propri cari.
Non ci interessa parlare di noi stessi, non vogliamo auto gratificarci.
Vogliamo leggervi e quindi vi aspettiamo!
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